Monday, April 15, 2013

Declaration Politique de Combattamts de Londres Contre l'arrestation de Diomi Ndongala



LETTRE DE DIOMI NDONGALA, 13/04/2013


Chère Patrizia,


Je n'ai pas besoin de te rappeler pourquoi je me bats et pourquoi je suis si combattu.


Depuis des années nous faisons face régulièrement à toute forme d'intimidation, de violence physique et morale. C'est inutile de nous attarder sur les détails de leurs manigances :


ils veulent casser notre volonté de rester debout et de parler au nom de ce peuple si fier et si meurtri.


J'aimerais que ce peuple puisse retrouver dans sa conscience collective la force de Kimpa Vita, la foi inébranlable dans sa dignité d'homme libre de Simon Kimbangu ; le courage de Lumumba et de son compagnon de combat qui fut Gaston Diomi Ndongala et encore, plus près de nous, le courage d'Armand Tungulu et l'amour profond pour le Congo de mon ami Floribert Chebeya.


Ils peuvent nous embastiller, comme ils ont fait avec Tshisekedi, mais cette étincelle de dignité qui est en nous ne pourra pas être éteinte si facilement.


Aucun peuple au monde ne subit ce que subissent les congolais en ce moment de leur histoire:


leurs richesses naturelles ne leur appartiennent plus ; millions de congolais sont obligés de s'exiler pour échapper à la guerre, à la dictature, aux persécutions et à la faim. Tout est corrompu et ce qui reste de l'état congolais s'écroule sous le poids de la trahison, de l'incompétence et de la chosification des citoyens. Notre dernier rempart était notre terre féconde, d'une beauté sans pareil au monde et qui a généré un peuple digne, fort et généreux.


Maintenant, ils veulent nous arracher notre terre après que nous l'avons nourrie, pendant des années, avec les dépouilles mortelles de nos mères, de nos pères et nos enfants massacrés par millions....


Je suis avec les autres prisonniers politiques que tu connais : Kuthino, Mokia, Chalupa et nous nous sommes dits que de défaite en défaite, nous arriverons à la victoire.


Car ils oublient que l'esprit de ceux qui se sont battus dans le passé nous anime ; ils ignorent que cette terre si riche et merveilleuse qui nous a généré ne pourra jamais être arrachée au peuple congolais ; ils ne savent pas que malgré l'abrutissement qu'ils imposent aux congolais en les privant de leur bien-être, de culture, de communication et de liberté, ceux-ci restent plus forts car ils portent en eux les gènes de Kimpa Vita, la conscience de Simon Kimbangu, l'esprit de Liberté de Lumumba et Gaston Diomi, le courage d'Armand Tungulu et la capacité d'abnégation jusqu'au sacrifice suprême de Floribert Chebeya.


Ils jettent sur moi le reflet de leurs propres turpitudes. Ils passent d'un montage à un autre, sans gêne de toucher au ridicule car ils n'ont pas de conscience de ce qu'ils font et du discrédit qu'ils jettent sur ce qui reste de l'Etat congolais, devenu un paillasson sur lequel ils nettoient leurs bottes tâchés de sang et ils déchargent quotidiennement leurs kalachnikovs.


Ils conspirent à longueur de journée pour que je ne parle plus, pour que j'abandonne la lutte à côté d'Etienne Tshisekedi et pour que je ne revendique plus le droit des congolais pas seulement à faire semblant de « voter » pour leurs dirigeants mais aussi et surtout à les « élire » effectivement. Nous savons que ce n'est pas le cas aujourd'hui...


Ils ont essayé de salir mon nom, de me priver à plusieurs reprises de la liberté et de me briser physiquement comme ils font d'ailleurs avec des milliers de congolais chaque jour : si ma voix peut être entendue, fais-la entendre.


Ils n'ont pas peur de moi comme individu mais de cet esprit redoutable qui anime le peuple congolais dont ils veulent effacer la mémoire.


Je suis là, debout car, comme disait Gandhi, un homme debout fait plus peur aux oppresseurs que mille hommes couchés.


Prends soin des enfants,


Eugène